C 'est arrivé ce matin, avec le vent, j 'ai ouvert une armoire, des courriers se sont
envolés.
J 'ai couru, paniqué, ce sont des lettres de mon ami Frédéric Chopin, toutes ces lettres
qu 'il m 'écrivait depuis l 'âge de douze ans et auxquelles j 'oubliais parfois de répondre.
L 'une d 'elles est même venue se poser sur le piano.
Il y a si longtemps, après l 'école où nous étions dans la même classe, nous y
jouions à quatre mains, des mains, il m 'en aurait fallu douze pour le suivre sur le clavier.
J 'étais un peu jaloux, mais fier aussi.
Moi, Titus le campagnard, je sus tout de suite que je serais le confident d 'un garçon de
génie.
Les lettres de l 'armoire n 'ont pas jauni, elles sentent le vent léger qui les a emportées.
En les relisant aujourd 'hui entre les lignes, contre mon cœur, je revois de mon Frédéric
le grand sourire vainqueur.